Pourquoi un premier avril ?

Je ne sais pas si c’est votre cas, mais j’aime bien les repères, les dates fortes un peu symboliques sans trop l’être. Lorsque j’ai pris la décision de poser sur l’écran, mon histoire trop encombrante dans ma tête, l’écriture de « Ferme les yeux et oublie-moi » ne vint pas vraiment comme l’eau à la sortie d’une grosse fuite. Les résultats ne se trouvaient pas à la hauteur des espérances voulues. À la lecture, cela se sentait et devenait pesant. Si j’ai donc commencé au cours du mois de février 2015, ce n’est que bien plus tard que j’ai réussi à coucher des mots qui me correspondaient. Ils finirent, à force de les tourner dans tous les sens, par construire un style que j’ai alors voulu accaparer. Pendant cette période, j’ai lu énormément, essentiellement des livres qui concordaient à l’idée que je me faisais du roman noir psychologique. Je crois bien qu’à ce moment, cette recherche m’aida beaucoup parce qu’en matière de style, personne ne peut te conseiller. Tu es seul et tu te débrouilles.

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Le déclic se produisit soudainement. Tout au début, j’étais parti sur une idée simple : créer un monde de toute pièce, un pays qui n’existe pas et que je devais remplir de paysages, de villes et de routes. Dans cette démarche, j’avais été inspiré par un roman policier d’un auteur hispanique dont j’ai oublié le nom. Je me suis vite rendu compte que je perdais mon temps à construire cet univers, car je me privais de références, celles qui m’entourent et celles que j’ai vécues. À partir de cette prise de conscience, tout devint beaucoup plus facile. Dans le livre, les décors sont décrits comme ceux du Var, les plantes et les arbres représentent ceux que je croise en randonnée lorsque je me balade au milieu de la plaine des Maures. Certains évènements sont connus, car j’y étais. Je crois même qu’avec un petit effort, il est possible de tisser une vague cartographie du Var à travers les lieux dont je parle dans le livre. Vous l’avez compris : nous étions le premier avril 2015. Un hasard. Je rédigeais les premières lignes du prologue devenu par la suite chapitre 1 sur les conseils d’une de mes indispensables lectrices.

C’est donc un jour particulier et important. Je peux, si je le souhaite, sortir le livre demain, bien sûr. Il est écrit. Je n’y toucherai plus (pratiquement plus, un roman n’est jamais fini), mais je vais attendre cette date anniversaire. Il est probable que l’impression soit même retardée, car je suis encore en relation avec une maison d’édition. Je tiens, néanmoins, à cette attente parce qu’avec l’anniversaire elle devient une façon pour moi d’apprendre à ne pas bousculer les étapes. Je veux ne plus me précipiter comme je l’ai fait en mai 2016. Je ne réaliserai pas la même erreur deux fois. Mon deuxième roman va suivre une voie plus linéaire. Le premier avril représente donc mon fil conducteur, un peu mon fil d’Ariane si je m’égare en route. Il va rester présent dans 40 jours pour me rappeler que c’est le moment d’une part de sortir mon livre si d’aventure, rien ne vient à l’horizon, d’autre part de continuer plus ardemment à écrire le deuxième roman. Il demeurera important dans un an et 40 jours lorsqu’il faudra que je fasse le bilan à mi-parcours de ce second opus. Il restera dans ma tête enfin quand dans deux ans et 40 jours, je devrai l’imprimer. Le premier avril est un guide.

Ces articles ont pour but de poser des jalons et d’offrir un état des lieux afin d’aider certains à poursuivre et à terminer comme j’ai réussi à le faire. Le prochain article proposera une nouvelle question à laquelle j’essaierai de répondre le plus simplement possible : « Pourquoi j’espère encore être édité ? » Assurément, une drôle de question.

Michel

Carnoules, mercredi 22 février 2017

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