De la photographie à l’écriture

J’ai toujours aimé écrire, mais cela m’a, de cesse, semblé un art lointain et inaccessible tant il demeure complexe sur de multiples points. Je me suis donc mis naturellement à la photographie. Je ne veux pas insinuer en rédigeant la précédente phrase que tout parait plus simple derrière un appareil. Oh ! non, je ne me le permettrai pas. Je souhaite juste évoquer le fait que l’acte de création semble, avec ce support, plus immédiat. La satisfaction vient relativement vite lorsqu’on se pose les bonnes questions. L’image se suffit à elle-même et peut être l’occasion d’une belle histoire. Il s’agit donc de raccourcis incroyables pour celui qui sait s’évader. Je pense que je suis un peu comme ça : un doux rêveur.

Je me suis, en quelque sorte, pendant de très nombreuses années, raconté des histoires. Très bien. Et puis un jour, fin 2014, il fallait que cela arrive, je me suis retrouvé devant un paysage gris, vide, insipide. Rien. Juste des déceptions artistiques personnelles dont tout le monde se fout. Évidemment, je ne suis pas connu. On ne fabrique pas grand-chose avec des déceptions. J’ai alors repris le chemin de la médiathèque. C’est fou le nombre de chefs-d’œuvre qui se cachent dans les allées de ces lieux de cultures. J’ai donc lu. Lu. Lu. J’ai bouffé des pages et des pages de livres, essentiellement des romans policiers saupoudrés d’écrits d’aventures et de planches de dessins. C’est là où je veux en venir.

La vie est faite de moments curieux. Je ne sais pas si vous avez connu cela, des instants ou d’un coup, tout se met en place, il suffit d’un peu de patience. Il faut se rendre compte, tout d’abord, que je tenais dans ma tête et presque dans son intégralité, le roman dont j’entame en ce moment la promotion : « Ferme les yeux et oublie-moi ». J’avais tissé cette histoire peu à peu, au fur et à mesure de mes insomnies au cours des quatre années précédentes. Dormir que cinq heures par nuit nous met parfois face à nos songes éveillés. J’avais donc déjà l’intention d’écrire l’histoire, car elle me hantait, mais par où, par quoi commencer ? Je reviens dans ma médiathèque, devant la boite à BD dans laquelle quelques nouveautés s’ennuient au milieu de l’hiver 2015 et je découvre un « Comics » curieux dont le titre m’attire irrésistiblement : Y, le dernier homme — tome 1. Parfait, je prends les trois premiers tomes, j’ai le droit. Il en reste 1 et le dernier est absent. Je ne connaitrai pas la fin. Bon.

A l’accueil, sur le présentoir dans lequel se trouvent quelques CD « coup de cœur » mis en valeur pour l’occasion, j’emprunte également un album : « Funeral » composé par un groupe de rock dont j’ignorais savamment l’existence avant : Arcade Fire. Il est difficile d’expliquer pourquoi le mélange de cette musique passée en boucle et de cette bande dessinée, page après page, provoqua chez moi une telle envie de création. Pourtant ce fut le cas. Je me suis soudain mis à écrire avec une simple idée en tête : moi aussi, je possède de belles histoires à raconter. Après quelques essais laborieux, la machine s’ébranla. Nous étions le premier avril 2015. Ce n’est pas une plaisanterie. Je n’ai pour autant pas abandonné la photographie. Au contraire, elle propose un parfait complément. J’ai écrit mon roman en 10 mois et demi. 600 pages, qui l’eut cru. Je me suis retrouvé alors devant un objet inerte, un Pinocchio de bois. Un sac rempli de défauts.

J’ai mis autant de temps pour corriger chaque phrase de ce roman piège, l’une après l’autre. J’ai mis 10 mois pour comprendre que je n’avais pas pris une photographie. J’ai fait tout et son contraire. J’ai paniqué, il faut bien l’avouer, mais qu’est-ce que j’ai appris ! Ne dit-on pas que l’on apprend davantage de ses erreurs que de ses succès ? Je peux vous assurer que cet adage est bien vrai. Je n’ai pas envie de vous encourager à vous tromper, mais parfois, cela a du sens. Depuis, j’ai évidemment acheté les cinq tomes de « Y, le dernier homme » et l’album « Funeral » de Arcade Fire trône désormais sur le haut de la pile de CD. Je reviendrai plus tard bien sûr vous exposer l’expérience acquise au cours de ces deux ans, du 1er avril 2015 au 1er avril 2017, je pense que j’ai le droit. Je vous dévoilerai aussi quelques petits secrets sur le livre, les anecdotes et les tergiversations. Il va vous falloir simplement un peu patienter.

 

MICHEL

Mercredi 25 janvier 2017 – Carnoules


 

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